lundi 1 octobre 2007

L'inutile

C’est l’histoire d’un gars
Qui se lève le matin
Pis qui a toute sa vie devant lui
À peine vingt anspeut-être désabusé
Mais le matinal est informé
Depuis longtemps
Il a tout compris
Pour participer
À une autre de ces merveilleuses journées moroses
Vu sa situation
Ca coûte environ 50 balles
Au salaire minimum
C’est banal

Notre cher ami contribue
Tant bien que mal
À la criss de fabulation
Collective de la consommation
C’est le récit d’un gars
Qui malheureusement récite
Plus qu’il ne pense librement
À peine levé du litPrendre et gagner
Vendre et Acheter
1$ le journal, 5$ le déjeuner
Mélancolie du temps
Où on se disait encore être animal
Au lieu de chasser
Adorer un chapelet monnaies
Répéter des prières de crédit
Croire en la trinité
Amour, Argent, Prospérité
En l’allégeance du tiers monde
À ce sacrifice nécessaire
De tous ces pauvres gens
Pour le bien et le salut
Du grand empire capitaliste
Chrétien, endetté, crucifié
Mais toujours vivant

Un autre jour pluvieux,

Plus vieux d’un autre jour
Pour le fils de l’homme
Et pour sa rutilante voiture
On démarre la journée
D’un tour de clef
En banlieue comme à Montréal
Le super carnaval
Est déjà bien amorcé
7h, les bataillons de partout
Occupent déjà tous ponts
Et sur toute les routes
Des grandes métropoles d’Amérique
Les soldats du cash Forment de longues files
Ils défilent fiers
Jusqu’au lieu fixé
Par leur chef supérieur
Vaut mieux prendre journée de front
Ça pourrait être pire
Le gars pourrait être pris au fond du puit
En train de pourrir Quelque part sur un front
Autre qu’économique
Le gars pense que…
Nul part la vie est comique
C’est juste qui veut s’émanciper du code
Se libérer de l’emprise de la corde

La vie est une salope

Vaut mieux en être son bourreau
La désertion paraît
Tout à coup la meilleure solution
De son lit
Le gars regarde le plafond
Il n’y a pas vraiment drâme dans le fond
Sa mère; l’oisiveté
Pourrait le garder au lit aujourd’hui
Au chaud, enveloppé de négation
Le malade imaginaire
Devenu allergique au plastique
Souffre de la fièvre du foin
Suite à une nuit tragique, troublé
Tracassé par ses états bancaires
Il se décide à se soustraire
De toute activité mercantile
Et aujourd’hui se dit-il Je serai inutile
À demain chéquier
Je retourne me coucher